Théorie musicale

La mesure et le rythme

Le chiffrage de mesure : deux nombres, un contrat

Au début d'une partition, deux chiffres l'un sur l'autre annoncent comment le temps va être organisé. Le chiffre du bas dit quelle valeur de note compte pour un temps — un 4 veut dire « la noire vaut un temps ». Le chiffre du haut dit combien de ces temps il y a dans chaque mesure. En 2/4, on compte donc deux noires par mesure : un temps fort, un temps faible, et on recommence.

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Mesures à

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Deux temps par mesure, comme une marche : « un-deux, un-deux ».

Mesures simples : la valse à trois temps

En 3/4, chaque mesure a trois temps, et c'est ce compte de trois qui donne son balancement caractéristique à la valse : un temps fort suivi de deux temps plus légers, « oum-pa-pa, oum-pa-pa ». La main gauche pose souvent la basse sur le premier temps et un accord sur les deux autres, exactement pour dessiner ce déséquilibre à trois qu'on reconnaît immédiatement à l'oreille.

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Le patron rythmique de la valse : basse, accord, accord. — voir l'œuvre entière

Mesures composées : quand le temps se divise par trois

Dans une mesure simple, chaque temps se divise naturellement en deux — c'est ce qu'on vient de voir. Dans une mesure composée comme le 6/8, chaque temps se divise plutôt en trois croches, groupées visuellement par paquets de trois. Le 6/8 ne se compte donc pas « un-deux-trois-quatre-cinq-six » comme une mesure à six temps, mais plutôt « un-deux, deux-deux » : deux temps larges, chacun roulant sur trois croches.

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Un thème de fugue de Bach en 6/8 : on sent nettement les deux groupes de trois croches. — voir l'œuvre entière

La syncope : l'accent qui se déplace entre les temps

Normalement, l'oreille sent naturellement les temps forts d'une mesure. La syncope contrarie cette attente : une note commence sur un temps faible (ou entre deux temps) et se prolonge par-dessus le temps fort suivant, grâce à une liaison de prolongation — de sorte que l'accent, au lieu de tomber là où on l'attend, se retrouve décalé. C'est ce décalage qui donne son énergie à toute une partie du jazz, du rock et des musiques afro-caribéennes.

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Mesures à

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Quatre noires bien régulières, puis les mêmes notes syncopées : l'attaque se déplace juste avant chaque temps fort.

Le contretemps : jouer entre les temps, sans jamais les toucher

Le contretemps va plus loin encore : la note évite complètement le temps fort, qui reste silencieux (un silence y est écrit), pour ne sonner que sur les parties faibles. On l'entend très nettement dans le reggae ou le ska, où les accords de guitare tombent systématiquement entre les temps de la batterie plutôt que dessus.

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La même note jouée sur chaque temps, puis à contretemps : un silence sur le temps, la note juste après.

Le point d'orgue : suspendre le temps

Un petit demi-cercle surmonté d'un point, posé au-dessus d'une note ou d'un silence, indique un point d'orgue : la pulsation régulière s'arrête, et l'interprète tient la note aussi longtemps qu'il le souhaite, en général sensiblement plus longtemps que sa durée écrite. C'est le signe qu'on retrouve sur l'accord final de tant de chorals — et sur chaque fin de phrase à l'intérieur d'un choral, comme on l'a vu au chapitre des cadences.

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Mesures à

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Trois notes en mesure régulière, puis une quatrième surmontée d'un point d'orgue : le temps s'arrête d'y être compté.

Le mouvement : la vitesse de la musique

Le mouvement (ou tempo) indique la vitesse à laquelle la pulsation doit être jouée. Il se note traditionnellement par un mot italien placé au-dessus de la première mesure — du plus lent au plus rapide : Largo, Adagio, Andante, Moderato, Allegro, Presto — ou, plus précisément, par un chiffre en battements par minute (par exemple 100 pour une pulsation qui bat cent fois par minute), qu'un métronome permet de matérialiser exactement.

Le métronome de Lyrico est en libre accès, sans connexion : ouvrir le métronome pour caler un tempo précis, du plus lent au plus rapide, et l'entendre battre en direct — bien plus parlant qu'une définition.

Un peu d'histoire : la métrique ancienne

Le chiffrage de mesure moderne (deux chiffres l'un sur l'autre) est en réalité assez récent : la musique ancienne notait le rythme avec des symboles hérités du Moyen Âge et de la Renaissance. Le plus courant a traversé les siècles jusqu'à nous : le C de la mesure à quatre temps (« mesure à quatre temps », le « common time » anglais) vient directement d'un cercle incomplet qui, dans la notation mensurale ancienne, signifiait une division binaire du temps — on le trouve encore aujourd'hui, en alternative au 4/4, sur d'innombrables partitions.

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Mesures à

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Un choral de Bach dont le fichier porte encore, à côté du 4/4 moderne, l'ancien signe C de la mesure à quatre temps. — voir l'œuvre entière

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