Un accord, c'est tout simplement plusieurs notes jouées ensemble. Le plus simple des accords, la triade, empile trois notes séparées chacune par une tierce : une fondamentale, sa tierce et sa quinte. Sur do, ça donne do-mi-sol — les trois mêmes notes qu'on peut jouer l'une après l'autre pour les identifier, puis ensemble pour entendre l'accord qu'elles forment.
Chargement de la partition…
Comme pour les intervalles, tout se joue sur la tierce du milieu. Si elle est majeure, l'accord est majeur et sonne plutôt lumineux ; si on l'abaisse d'un demi-ton pour en faire une tierce mineure, l'accord devient mineur et prend une couleur plus sombre. La fondamentale et la quinte, elles, ne bougent pas — c'est uniquement cette note du milieu qui décide de la couleur de l'accord.
Chargement de la partition…
Un choral à quatre voix — basse, ténor, alto, soprano — est un empilement d'accords presque à chaque temps : chaque voix chante sa propre ligne mélodique, mais verticalement, à un instant donné, les quatre notes qui sonnent ensemble forment un accord. C'est un très bon exercice d'écoute que de suivre une seule voix à la fois, puis de réentendre le résultat comme un bloc.
Chargement de la partition…
Rien n'oblige à s'arrêter à trois notes : en empilant une tierce de plus au-dessus de la quinte, on obtient un accord de quatre sons — une septième, puisque cette nouvelle note se trouve à sept degrés de la fondamentale. Le plus courant est l'accord de septième de dominante : un accord majeur auquel on ajoute une septième mineure, qui crée une tension bien particulière, presque une envie d'être résolue vers l'accord de tonique — c'est très exactement le moteur de la cadence parfaite (voir le chapitre sur les cadences).
Chargement de la partition…
En empilant encore une tierce, on obtient un accord de cinq sons, une neuvième — le procédé est toujours le même, il suffit de continuer à superposer des tierces. Plus l'accord s'épaissit, plus sa couleur devient riche et complexe : les accords de neuvième (et au-delà) sont très caractéristiques du jazz et de l'impressionnisme, où cette richesse harmonique est recherchée pour elle-même, plus que pour la tension qu'elle crée.
Chargement de la partition…
Plutôt que de nommer un accord par sa note de départ (do majeur, sol septième…), on peut le désigner par le degré de la gamme sur lequel il est construit, en chiffres romains : I pour l'accord de tonique, IV pour celui de sous-dominante, V pour celui de dominante, V7 pour l'accord de septième de dominante… Ce chiffrage a un immense avantage : il reste vrai quelle que soit la tonalité du morceau, ce qui permet de reconnaître la même progression d'accords — par exemple V-I, la cadence parfaite — dans n'importe quelle tonalité, sans avoir à retenir les noms de notes à chaque fois.
Chargement de la partition…