Les Orientales

Marie Jaëll

2 voix · Chant Voice, Piano

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Paroles

Si j'étais la feuille qui roule L'aile tournoyante du vent, Qui flotte sur l'eau qui s'écoule, Et qu'on suit de l'œil en rêvant; Je me livre- rais, fraîche encore, De la branche me détachant, au zé- phir qui souffle à l'aurore, Au ruisseau qui vient du couchant. Plus loin que le fleuve qui gronde, Plus loin que les vastes fo- rêts, Plus loin que la gorge profonde, Je fuirais, je cour- rais, j'irais! Plus loin que l'antre de la louve, Plus loin que le bois des ra- miers, Plus loin que la plaine où l'on trouve Une fontaine et trois pal- miers; Plus loin que les terres arides Du chef maure au large yatagan, Dont le front pâle a plus de rides que la mer un jour d'ouragan. Comme par un charme  attirée, Je m'arrête- rais au matin Sur Mykos, la ville carrée, La ville aux cou- poles d'étain. J'i- rais chez la fille du prêtre Chez la blanche fille à l'œil noir, Qui le jour chante à sa fe- nê tre, Et joue à sa porte le soir. Enfin, pauvre feuille envolée, Je viendrais, au gré de mes vœux, Me poser sur son front, mêlée Aux boucles de ses blonds cheveux; Comme une perruche au pied leste Dans le blé jaune où bien encor Comme dans un jardin cé- leste Un fruit vert sur un arbre d'or. Et là, sur sa tête qui penche, Je serais, fûtce peu d'instants, Plus fière que l'ai- grette blanche au front étoilé des sultans.

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