Marie Jaëll
2 voix · Chant Voice, Piano
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Qu’il erre sans re- pos, courbé dès sa jeu- nesse, En des sables sans borne où le so- leil renaisse Sitôt qu’il aura lui! Comme un noir meurtrier qui fuit dans la nuit sombre, S’il marche, que sans cesse il entende dans l’ombre Un pas derrière lui! En des glaciers polis comme un tranchant de hache, Qu’il glisse, et roule, et tombe, et tombe, et se rattache De l’ongle à leurs parois! Qu’il soit pris pour un autre, et, râlant sur la roue, Dise: “Je n’ai rien fait!” Et qu’a- lors on le cloue Sur un gibet en croix! Qu’il pende échevelé, la bouche violette! Que, visible à lui seul, la mort, chauve squelette, Rie en le regardant! Que son cadavre souffre, et vive assez encore Pour sentir, quand la mort le ronge et le dévore, Chaque coup de sa dent! Qu’il ne soit plus vi- vant, et ne soit pas une âme! Que sur ses membres nus tombe un soleil de flamme Ou la pluie à ruisseaux! Qu'il s’éveille en sursaut chaque nuit dans la brume. Et lutte, et se secoue, et vainement écume Sous des griffes d’oiseaux!
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