Marie Jaëll
2 voix · Chant Voice, Piano
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Pauvres voyageurs las Qui vont cherchant fortune Des oi- seaux de passage au mât se sont posés, Et leur chant retentit par les airs accoisés Dans la hune. Vers son pâle amoureux gon- flant sa gorge brune, La mer envoie au ciel ses vœux inapaisés. Des lèvres de ses flots monte un vol de bai- sers À la lune... Pauvres voyageurs las, vous trouverez fortune. Vous oublierez vos maux aux pays embrasés, Làbas! Et c'est de quoi si gaîment vous causez Dans la hune... Mais toi, mer, à quoi bon gonfler ta gorge brune? De l'astre qui te fuit tes beaux seins méprisés Se soulèvent en vain vers les lointains bai- sers de la lune... Heureux le simple cœur Qui va cherchant fortune Avec des rêves sûrs d'être réali- sés! Il est joyeux ainsi que ces oiseaux posés Dans la hune. Moi, j'ai, comme la mer gonflant sa gorge brune, D'impossibles désirs, des vœux inapaisés, Et je prodigue aussi d'inutiles baisers À la lune.
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